C'est
avec beaucoup de plaisir que je vous présente Jean-Claude. Druide,
conférencier, sculpteur, écrivain, ses deux premiers ouvrages,
LA VOIE DU DRUIDE et LE CENTRE SACRE DES GAULLES sont disponibles dans toutes
les libraires. Les sculptures présentées sur cette page font
partie des oeuvres de l'Ours.
Cette
interview ayant duré près de deux heures, il ne m'était
pas possible de vous le présenter intégralement sur cette
page, aussi pour ceux qui le souhaitent, je vous propose de télécharger
la version intégrale en format Word en cliquant sur ce lien :
Je
conseille, en premier lieu, à ce propos, la lecture ou la relecture des
ouvrages de Leroux et Guyonvarc'h.
Dans
l'Antiquité, notre Antiquité, Le druide était indissociable du roi, ou plutôt
le roi était indissociable du druide. L'équilibre de la société celtique
était basé sur l'existence du couple druide-roi. Le roi ne parlait jamais
avant le druide. Le druide était le garant de l'équilibre de la société
celtique avec le roi.
Dans
la mythologie irlandaise, un texte intitulé " La légende de Mongan ", montre
l'Irlande gouvernée par deux rois, qui possèdent tous les deux le même nom.
L'un s'appelle " Le Blanc " (Find) et l'autre " Le Noir " (Dub).
On
voit apparaître là ce fabuleux principe de la conciliation des contraires
que l'on retrouve dans toutes les expressions de la tradition. Avec ces
deux pôles, noir/blanc, négatif/positif, il en existe un troisième qui est
celui du druide. Ainsi s'établit la plus parfaite expression de l'équilibre
des contraires. Le triskell, cette figure emblématique, ce symbole celtique,
nous fait comprendre que, finalement, l'équilibre du Monde s'exprime sous
une forme tripartite, un positif, un négatif et un pôle qui va équilibrer
ces deux pôles antagonistes. Et celui qui fait l'équilibre du Monde, c'est
le druide.
Le
druide est donc au cœur des instances d'une politique.
Un
druide est un véritable prêtre dans la signification noble du terme. Il
y a beaucoup de témoignages dans l'histoire qui nous montre que le druide
était aussi juge, devin, enseignant, médecin, etc... C'était quelqu'un qui
avait reçu l'ensemble de l'initiation.
Cette
initiation était très longue ?
César
dit que les élèves des druides passaient vingt ou vingt-cinq ans à leur
école. Je crois qu'il faut reconsidérer cela. Quelqu'un qui, aujourd'hui,
veut être médecin fait dix ans d'études après le bac, ce qui correspond
à peu près à ces fameux vingt ou vingt-cinq ans.
Tu
nous as parlé du triskell ; quels étaient les symboles des Druides
Les
entrelacs de l'art celtique, ( quand tu regardes les dessins celtiques,
il n'y a qu'un trait, mais qui s'enroule, qui revient et repart… ) symbolise
bien la pensée " alambiquée " celtique.
Le
triskell, à l'évidence, nous montre que nos anciens avaient très bien compris
que l'organisation des énergies était tripartite.. On s'aperçoit que toutes
les lois générales et scientifiques sont exprimées sous la forme du ternaire
( et du quinaire parfois ).
Le
triskell exprime donc a la fois quelque chose de symbolique et de philosophique,
un équilibre des contraires que nous sommes tous invités à réaliser en nous;
mais il exprime donc aussi les lois physiques de l'Univers. A mon sens,
les druides avaient compris tous les grands principes de l'Univers, avant
même que nos savants très sérieux nous fassent péter des bombes et nous
installent des centrales nucléaires un peu partout et envoient des fusées
sur la Lune, mettant ainsi à mal notre nature, notre Terre et le cosmos
entier. Comment les avaient-ils découvertes ? Je ne sais pas. Ils avaient
sans doute d'autres moyens d'investigation que les nôtres.
Il
existe un autre symbole fort des druides, c'est l'oursin fossile. C'est
un auteur ancien, Pline, qui nous en parle. En fait, cet oursin fossile
symbolise, dans notre expression de la tradition, l'œuf du Monde d'où est
sortie toute la création. Les franc-maçons l'ont repris sous la forme de
l'étoile flamboyante.
Pourquoi
la tradition druidique a t'elle disparue ?
Le
gros reproche que l'on nous fait aujourd'hui, c'est qu'il ne
nous reste plus rien à nous, " néo-druides ", des druides antiques.
Déjà,
on nous qualifie de " néo-druides "! Je ne vois pas pourquoi
on ne qualifie pas les chrétiens d'aujourd'hui de " néo-chrétiens
" ! Les franc-maçons qui font remonter leur tradition à la construction
du temple de Salomon, on ne les qualifie pas non plus de " néo-maçons
".
On
dit toujours aussi que les druides correspondraient aux brahmanes
de l'Inde et on ne dit jamais l'inverse ! En Inde, certes il
y a eu continuité. Mais l'on s'aperçoit tout de même que l'on
a encore des traces de druidisme au VII ème siècle, pas chez
nous bien sûr, mais dans les pays d'outre-Manche.
Je
reste persuadé que nos rebouteux, jeteurs de sorts et guérisseurs sont les
descendants des druides pourchassés.
Je
crois que, simplement, au moment de la christianisation, les anciens druides
ont eu le " choix " entre deux solutions. Soit ils s'intégraient à la nouvelle
religion, soit ils rentraient dans la clandestinité.
Bon
nombre d'entre eux se seraient réfugiés dans l'ordre des Bénédictins ( il
est curieux de voir que le blason des Bénédictins est un chêne décapité.
Quand on connaît les relations entre le chêne et la tradition druidique…).
Ils y feront perdurer le message païen.
Les
anciens druides qui décidèrent de rester cachés, n'avaient pas choisi le
clan de la nouvelle religion. Ceux qui avaient choisi la nouvelle religion
sont rentrés dans le clan du Bon Dieu, et fatalement ceux qui avaient refusé
sont entrés dans le clan du Diable.
En
fait, les initiateurs de ce que l'on nomme, abusivement à mon avis, " néo-druidisme
", John Toland, Iolo Morganwg et Henry Hurle, n'ont fait que fédérer ce
qui restait de l'ancienne tradition druidique.
Même
si l'on a perdu beaucoup de choses, il est aujourd'hui possible de vive
une spiritualité en accord avec notre identité profonde, avec notre terre.
N'oublions pas que le druidisme a été la seule forme de spiritualité réellement
engendrée par l'Occident.
J'entend
souvent dire : " c'est dommage que les druides ne nous aient rien laissé
d'écrit ". C'est ridicule ! Les druides se refusaient de confier tout ce
qui touchait à la spiritualité à l'écriture. César le dit très bien. Pour
les affaires profanes les druides utilisaient le grec et pour tout ce qui
touchait à la spiritualité et la magie, ils avaient une écriture particulière
: les oghams.
Fiana
Peux-tu
nous parler des oghams ?
C'est
une écriture sacrée liée aux arbres. L'arbre est au centre de
la philosophie druidique.
Chaque
ogham correspond à l'initial d'un arbre. C'est une écriture
qui se présente sous la forme de petits traits gravés de part
et d'autre d'une arête verticale, dans des positions plus ou
moins différentes.
Pour
le druide, la forêt est le temple par excellence. Et j'irai
même plus loin, c'est l'arbre qui est le temple par excellence,
et même la feuille.
En
fait, dans cet alphabet des arbres (il en existe deux en réalité),
le premier arbre est le bouleau et le dernier est l'if. Je reste
persuadé que le bouleau et l'if correspondent aux deux arbres
du jardin d'Eden que l'on retrouve dans la tradition chrétienne.
Le bouleau est l'arbre de la vie et l'if est à la fois l'arbre
de la mort et celui de l'immortalité.
Celle
ou celui qui connaît les arcanes de cette écriture oghamique
va pouvoir écrire le nom de Dieu.
Dans l'un
des alphabets oghamiques, les trois premières lettres sont B-L-N, ce ne
sont que des consonnes. Cet alphabet, au départ, n'était composé que de
consonnes (comme dans la cabale hébraïque qui est le langage des oiseaux).
On lui a rajouté cinq voyelles. Celle ou celui qui sait mettre les bonnes
voyelles entre les bonnes consonnes est l'initié. B-L-N, si on ajoute les
bonnes voyelles, cela donne BELEN. Et je le répète, celui qui possède les
clés de cette écriture, à la faculté de communiquer avec les Dieux, c'est
une écriture magique.
Qui
sont les Druides d'aujourd'hui ?
Leroux
et Guyonvarc'h et même Markale disent : " Puisque la société
celtique en tant que telle n'existe plus, les druides n'ont
plus lieu d'exister et c'est être farfelu que de prétendre être
druide aujourd'hui ! ".
Je
suis persuadé qu'il existe une tradition universelle, non seulement
valable pour notre Terre entière, mais pour l'Univers, le Cosmos
entier. Et en fonction de l'endroit ou l'on s'est incarné dans
cet Univers, on vivra une expression particulière de cette tradition
primordiale ; on vivra cette tradition différemment, mais la
finalité restera la même.
Quand
on me demande quel est mon Dieu, je dis : " Mon Dieu est le
même que celui des Musulmans, des Chrétiens et de tous les autres
! ". Il n'existe pas plusieurs Dieux. Les polythéistes sont
des monothéistes qui s'ignorent et vice versa. L'homme ne peux
pas concevoir l'unité, il suffit de regarder le ciel, une belle
nuit d'été, pour comprendre que cette notion d'unité et d'infini
est impossible à saisir pour nous, pauvres humains ! Et je pense
que pour pouvoir comprendre le Un nous devons passer par le
multiple, ce qui ne veut pas dire que Dieu est multiple. Je
suis très prudent en disant " Dieu " ; c'est bien évidemment
la pauvreté de mon vocabulaire qui m'oblige à dire " Dieu ".
Même
si le druidisme a " disparu " durant des siècles, c'est la seule
forme de spiritualité qu'ait engendré l'Occident, j'insiste,
il n'y en a pas d'autres
Saint
Hervé
Le
fait que l'on veuille récupérer une spiritualité qui nous corresponde est
un long travail ; en premier lieu parce qu'on ne nous laisse pas le choix
de le faire (on n'a pas le droit, on est des farfelus, c'est ridicule, voire
suspect…) et surtout parce qu'il faut être à l'écoute de ce qu'il y a autour
de nous et spécialement à l'écoute de la nature. La lumière divine chemine
en nous, exactement comme le Soleil chemine dans notre ciel, dans notre
Univers. Etre druide aujourd'hui, c'est aussi se recaler sur le rythme des
saisons, c'est être sensible à ce qui se passe dans la nature.
Je
crois en une grande intelligence supérieure, je crois dans les vies successives
et dans l'immortalité de l'âme, et cela les druides antiques le professaient
aussi, mais la spiritualité se vit au quotidien Nous sommes tous une parcelle
du Divin, nous sommes le Divin. Se relier à Dieu, c'est, de toutes façons,
se relier à soi-même. La voie du druide est une voie initiatique.
La
mission du druide possède aussi un aspect de service auprès des hommes et
des femmes, pour les aider à trouver leur chemin, par l'exercice d'une spiritualité
en phase avec leur identité profonde. Le druide a également une responsabilité
par rapport à la Terre. Célébrer le cycle des fêtes Les fêtes druidiques
comme celles de toutes les religions d'ailleurs, vont permettre aux hommes
de se régénérer, mais aussi de régénérer la Terre
Tout
ce cycle des saisons est fait pour retrouver notre royauté intérieure et
culmine avec Lughnasad, qui était, chez nos ancêtres, la fête royale par
excellence. Par ailleurs, le druide va pouvoir célébrer des cérémonies familiales,
comme le " baptême " par exemple. Je préfère d'ailleurs l'appeler une mise
en harmonie avec les éléments. On célèbre aussi les mariages et les cérémonies
funèbres
Kernunos
Pourquoi
" Celui du Pays de l'Ours " ?
J'ai
débuté en druidisme en fréquentant un collège ésotérique breton
qui portait le nom de : " Ceux du Pommier ". Il était dirigé
par Gwenc'hlan Le Scouezec qui en était le Grand Druide. Sans
jamais avoir été initié parmi " Ceux du Pommier ", cette période
a été une des plus belles de ma vie " druidique ". Gwenc'hlan
Le Scouezec a vraiment l'envergure d'un Grand Druide, et je
suis heureux d'avoir pu le côtoyer, même si çà n'a été que de
très loin.
Dans
ma vie de druide aujourd'hui, je m'inspire énormément du peu
de ce qu'il a bien voulu nous laisser entrevoir de la Voie du
Druide. C'est par fidélité à " Ceux du Pommier " que mon nom
druidique commence par " Celui "…
Dans
ce fameux couple druide/roi dont nous parlions tout à l'heure,
l'image symbolique associée au druide est le sanglier (image
du pouvoir spirituel) et l'image symbolique associée au roi
est l'ours (pouvoir temporel). Il se trouve que le Berry est
le pays des Bituriges. Littéralement, Bituriges signifie : "
les Rois du Monde ". Au VI ème / VII ème siècle avant JC, quand
les gaulois ont besoin d'un roi, nous dit Tite-Live, ils viennent
le chercher chez les Bituriges. Le Berry est donc le pays de
l'ours par excellence.
Voilà
pourquoi je suis Celui du Pays de l'Ours…
Comment
es-tu devenu Druide ?
J'ai
été élevé dans la tradition catholique. J'ai envie de dire, un petit peu
comme tout le monde ! Mais j'étais peut être un peu lent, et je me suis
aperçu vers 18/19 ans que tous les curés que j'avais pu côtoyer, sauf un,
dont je tairai le nom pour ne pas froisser sa modestie naturelle, que l'on
m'avait raconté des bêtises.
Je
me suis rendu compte que dès que j'écoutais de la harpe celtique ou de la
cornemuse j'avais des grosses larmes dans les yeux. Il a fallu que j'attende
l'age de 30 ans pour réaliser qu'il y avait une autre spiritualité qui me
correspondait mieux.
J'ai lu des livres, et il y a eu toute une suite d'évènements qui m'ont
fait rencontrer des druides d'aujourd'hui. J'ai fréquenté quelques collèges,
et j'ai rencontré un druide qui semblait correspondre le plus à mes convictions.
Quand
on est druide, on vit un peu dans une magie perpétuelle, et l'on est très
attentif à tous les signes et à tous les messages du monde subtil qui nous
entoure, le monde des rêves notamment… Et quelques années avant mon initiation,
j'ai vu en rêve mon initiateur, dans les conditions où je devais le rencontrer.
Je lui ai fait part de mon désir de rentrer sur la voie du druide, et il
a accepté. J'ai été apprenti, " mabinog " ou " marcassin " si tu préfères.
En 1993, je suis devenu barde et en 1996 j'ai été révélé druide, le 28 Décembre
très exactement ( le jour des saints innocents !).
Qui
es-tu en tant qui Barde ?
Nous
étions très tournés vers la Bretagne. Il était très difficile
de trouver des druides ailleurs qu'en Bretagne. J'ai eu envie
de faire de la sculpture. Ma famille sans conviction, m'a offert
pour un anniversaire, une boite de gouges, des ciseaux, et en
mai 1986, j'ai sorti ma première sculpture.
C'est en tant que sculpteur que j'ai exercé mes talents de barde.
Aujourd'hui je ne sculpte plus, j'aurai envie de m'y remettre.
Aujourd'hui, dans ce fameux New Age, on voit beaucoup de gens
assis sur leurs fesses et qui prétendent méditer pour le bien
et l'amélioration du Monde… Moi je pense que l'occidental n'est
pas fait pour cette méditation là. Si l'oriental est plus contemplatif,
je pense que l'occidental est plus tourné vers l'action, c'est
un " méditant opératif ".
Travailler
sur la matière, le bois, la pierre, durant des heures me met
dans un état de conscience probablement proche de celui que
l'on peut obtenir dans la " méditation contemplative ". Aujourd'hui
comme j'écris des livres, et je me sert exactement de la même
énergie, je n'ai plus le temps de sculpter.
Même
si le druidisme a " disparu " durant des siècles, c'est la seule
forme de spiritualité qu'ait engendré l'Occident, j'insiste,
il n'y en a pas d'autres
C'est
une sculpture symbolique, à travers laquelle j'exprime des idées
qui correspondent à la tradition universelle, et plus précisément
à l'expression druidique, occidentale de cette tradition.
Myrddin
Que
fait l'ovate chez toi ?
J'ai
été fait barde, mais il y a eu un moment où je ne savais plus trop bien
si je voulais être barde ou ovate. Dans certaines lignées on doit être barde
puis ovate avant d'être druide. Dans d'autres c'est différent. En ce qui
me concerne, quand j'ai du prendre une décision face à mon initiateur, pour
aller plus loin, je ne savais plus très bien où me situer.
Je
soignais des gens, ils venaient me voir, simplement pour avoir un appui
moral ou parce qu'ils étaient malades. Je faisais de la sculpture aussi,
et c'est vrai qu'à un moment je n'ai pas su ce que je devais J'ai un peu
fui, et j'ai préféré rester caché derrière mes gouges, mes ciseaux et mes
maillets.
Donc
je suis d'abord devenu barde, et sans être déclaré ovate, je l'ai été tout
de même passant des années à aider et soulager les gens. Je le fais encore.
Maintenant je ne m'occupe plus que des mourants ! Je les aide, j'aide aussi
la famille, sans contrepartie, évidemment. Les gens, en général, ne sont
pas préparés à la mort, c'est quelque chose qui a été complètement évacué
de nos sociétés.
Sinon
j'oriente les gens vers des thérapeutes que je connais, qui ne sont pas
forcément dans la mouvance druidique, mais qui travaillent dans une philosophie
que je trouve raisonnable et qui me correspond.
Peux-tu
nous parler de Ceux du Pays de l'Ours ?
On
se réunit huit fois par an, pour les huit fêtes. Notre groupe
est informel. Aujourd'hui notre groupe n'a pas de structure,
pas de statut, mais cela peut évoluer, cela va même certainement
évoluer. On tourne depuis 1993.
Comme
je te le disais tout à l'heure, dans ce terme de " Ceux du Pays
de l'Ours ", le terme de " Ceux " est en rapport avec le tout
premier collège druidique que nous avons fréquenté, qui était
un tout petit collège, que menait le Grand Druide de Bretagne
Le Scouëzec, et qui s'appelait " Ceux du Pommier ". Je dois
dire que ce que j'ai vu là-bas est réellement l'image du druidisme
qui me convient. Au risque de me répéter, je crois que Le Scouëzec
est réellement un Grand Druide dans la célébration des fêtes.
Je n'ai vu que deux druides avoir une telle dimension dans la
célébration des fêtes, et je dois dire que nous sommes inspirés
de ce que nous avons vécu avec eux.
Tous
ceux qui sont avec nous s'appellent " Celui " ou " Celle " du
Pays de l'Ours, mais nous avons des noms initiatiques, bien
sûr
Il
y a t'il une chose que tu voudrais ajouter ?
Je
voudrais insister sur le fait que le druidisme a encore sa raison d'être,
parce que c'est la seule spiritualité engendrée par l'Occident. Nous avons
perdu pas mal de chose par rapport aux druides antiques, certes, mais nous
avons assez de courage, de ténacité, de cœur, pour pouvoir nous reconnecter
à l'esprit de cette Terre d'Occident et à ce que nous somment réellement.
Quels
conseils donnerais-tu à quelqu'un qui désire suivre cette voie ?
La
première chose, c'est de se ressourcer, de marcher, d'aller dans les forêts,
de se rendre à nouveau sensible aux cycles de la nature, de savoir où se
lève et où se couche le Soleil. Le Soleil est vivant et nous vibrons à son
mouvement et à celui de la Lune, des astres et de la Terre. Il faut se reconnecter
à la nature, retrouver le langage des arbres, des pierres, des sources.
Puis
après, ou en même temps, parce que c'est là-bas que c'est le plus vivant,
aller en Bretagne. Ici la Belle est endormie Et puis il faut travailler,
c'est bien joli de dire on a tout en sois, mais il faut travailler, lire
ce que des cherchants plus avancés que nous sur la Voie ont écrit : Leroux/Guyonvarc'h,
Markale, Philip Carr Gomm, Raymonde Resnikov, Le Scouëzec, Henri Vincenot
et son fabuleux " Pape des escargots " et bien d'autres …